Musée des ordinateurs de Mountain View – Partie 1

Bonjour,

 

Il y a deux semaines, nous sommes allés faire un tour au Musée des Ordinateurs de Mountain View. Où, mieux que dans la Silicon Valley, peut on avoir ce type de musée? En bons geeks que nous sommes, on y va!

Question pratique, l’entrée est quand même un peu chère (15$/adulte). Nous avons eu les places à 50% par une offre groupon c’était un peu mieux! J’en profite tout de suite pour dire que ce musée n’est pas du tout fait pour les enfants, pas vraiment ludique, beaucoup de texte et de « technique ».

Voici donc l’entrée :

musee ordinateur

Ce musée est organisé de façon chronologique, du plus vieux au plus récent, ainsi que par « catégorie », une partie sur le stockage, une partie sur la programmation, une partie sur l’électronique…

On commence donc par le but même de l’histoire des ordinateurs : calculer. Au début de la visite, nous avons des anciens systèmes de calcul.

Nico teste ici de faire des multiplications complexes (3.6×4.7 par exemple) à l’aide d’une règle qui coulisse.

musee ordinateur

Nous avons aussi un modèle de la Pascaline, inventée par Blaise Pascal (Cocorico). Cette réplique date de 1981, mais la Pascaline a été inventée en 1645. Le petit Blaise Pascal voulait aider son papa (ooooohhhh c’est tout mimiiiii), intendant du roi et de Richelieu, son but était de faire des calculs pour redresser les finances du royaume (bref calculer des impôts!). Elle permettait de faire des calculs simples : additionner et soustraire deux nombres, mais aussi des multiplications et divisions successives. C’est une des premières machine à calculer mécanique au monde.musee ordinateur

On voit ensuite l’évolution des machines à calculer. Ici une des premières calculatrices, en bas (pas facile à trimballer!), puis des plus récentes en haut (et plus petites).musee ordinateur

Les gens voulant toujours plus, ils veulent programmer ces machines. Interviennent alors les cartes à trous, basées sur le modèle de la machine Jacquard qui est utilisée dans les métiers à tisser. A la base, cela a été développé pour aider le gouvernement américain pour la mise en place du système des retraites. He oui, d’un coup beaucoup de monde avait le droit à son petit chèque, cela fait donc BEAUCOUP de calculs et de chèques à imprimer!

D’ailleurs sur vous passez en Rhône Alpes, je vous recommande la visite du musée d’art et d’industrie à St Etienne (vous y verrez aussi l’histoire des cycles et de la manufacture d’armes, c’est super intéressant, il faudra que je vous fasse un article touristique de St Etienne tiens, ya pleins de choses à voir dans la ville au cœur vert) ou la visite des maisons des Canuts à la croix-rousse à Lyon pour cette histoire des métier à tisser et en voir quelques uns en action (la vache que c’est bruyant!!!!!).musee ordinateur

A la base, les calculateurs étaient d’énormes machines remplissant des pièces entières, avec des diodes dans tous les sens, pour calculer un pauvre truc. Une des machines comprenait 18000 diodes, et tous les jours… une diode tombait en rade et les opérateurs devaient trouver laquelle, en regardant une par une pour pouvoir continuer les calculs. Pratique!

Bref revenons à Mountain view, voici l’intérieur du musée :musee ordinateur

Après avoir fais des cartes à programmer, le langage de programmation fait son apparition en 1954. Le tout premier : le Fortran! (et dire qu’on a utilisé ça une fois en école d’ingé… ok le prof était un peu old school…).
Avant le Fortran, ils faisaient … en binaire (bref uniquement avec des 0 ou des 1… sympa), rapidement le langage assembleur est venu (avec quelques mots) puis un vrai langage de programmation.musee ordinateurVoici à quoi ressemble un bout de langage de programmation (c’est pas du Fortran, c’est du C) :

int main (void)
{
int i, j ;
double b ;
i = 10 ;
j = i + 3 ;
b = 7.2 * j ;
printf (« i = %d », i) ;
printf (« j = %d », j) ;
printf (« b = %f », b) ;

return 1 ;
}

Que fait ce petit programme :
On indique qu’on veut une variable i, j et b. On indique que i=10, j=i (donc 10)+3 et b= 7.2* (13 donc)
Ensuite, on affiche à l’écran les valeurs de chaque variable (avec la commande printf) :
i=10
j=13
b=93.6

Bref, retour au musée, sur un mur ils ont fait une fresque pour montrer l’évolution des langages.
Tout à gauche, en premier vous avez donc le fortran, et chaque branche montre un nouveau langage, dérivant de celui ou ceux qui viennent avant. Plus on va à gauche, plus ce sont des langages élaborés et toujours utilisés (Python, C/C++,…)! Info pour les geeks : ya meme le LaTeX dedans 😀 (et la branche s’arrête au LaTeX, ça mène à rien ce truc, c’est bien connu).

musee ordinateurNous passons ensuite dans la partie stockage des données. Parce que c’est bien beau de calculer mais c’est encore mieux si on peut conserver les résultats.

Voici un des premiers disque dur, je me souviens plus de combien pèse ce truc, mais c’était monstrueux!

musee ordinateur

On a aussi un mur qui explique l’évolution du stockage.
En haut à gauche, vous avez la première disquette, de 1974, 15x15cm et qui contenait 80ko (autrement dit 1 ou 2 fichiers words pas trop longs et sans image).
Puis vers la droite, une seconde disquette, un peu plus petite (que j’ai vu avec le premier ordinateur que nous avions à la maison) et qui contenait un peu plus, puis les « petites disquettes » à droite (hey on avait le jeu Nicky boom là dessus :D).
Et en dessous à droite, les ipods et cartes mémoires récentes qui font jusque 64Go…

musee ordinateur

Puis nous passons dans la partie où ils ont voulus commercialiser les ordinateurs au grand public.
Des boutons d’un clavier :  musee ordinateurVoici donc un « ordinateur » de la taille d’une armoire pour 28500$. Je n’ai aucune idée de ce qu’il pouvait faire.
musee ordinateur

Puis plus drole. On a un ordi, les femmes (oui ben à l’époque c’était uniquement les femmes) ont des recettes de cuisine. Les hommes se disent donc on va les aider, c’est trop compliqué de retenir toutes ces recettes! Ils ont donc fait un ordinateur pour les recettes, voyez comme elle a l’air heureuse la dame sur le dessin (avec son magnifique tablier et qui cuisine en talons… oui ben tant qu ‘à aller dans le sexisme autant y aller fort).musee ordinateur

Vous constatez donc que ce truc est juste ENORME, vous avez intérêt d’avoir une grosse place dans la cuisine. Sans surprise, cela a été inventé dans les années 60-70, le design trahit cette époque… « futuriste » et orange!
Et voici le clavier de ce truc. J’ai pas vraiment compris comment tu étais sensée avoir tes recettes avec ça…
musee ordinateur

Et le prix de ce truc là est de … 10000$! Mais attendez, en plus de ce beau bébé, quelqu’un vient vous l’installer chez vous (encore heureux) et vous donne des cours pendant 2 semaines pour apprendre à s’en servir (oui en plus c’est pas intuitif!).
Pas du tout intuitif même, puisqu’il fonctionne à base de diodes qui s’allument ou s’éteignent… en mode binaire donc… 010001110111001 veut dire brocoli ou pomme de terre déjà?
Ils ont quand même l’honnêteté de dire que… ils en ont pas vendus un seul (sans blague!). Comme quoi le bon vieux carnet de recettes est quand même plus rapide, simple et moins cher que ce truc là!

On a une petite section robots (ça c’est pour Max) :

musee ordinateurOn a trouvé vraiment sympa de faire un saut dans cette histoire des ordinateurs, à la fois qui nous parait d’un autre temps (l’ordi qui calcule 8×2 avec 18000 diodes et qui prend toute la pièce) et pourtant si récente (moins de 80 ans!).

Voila pour la première partie du musée, nous verrons la prochaine fois la suite de l’histoire de l’ordinateur… et l’histoire de la Silicon Valley. Mais au fait vous savez pourquoi ça s’appelle la Silicon Valley ?

A+

Karine

 

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9 commentaires sur “Musée des ordinateurs de Mountain View – Partie 1

  1. Pas mal comme musée spécial geek, si on en avait un dans le coin on irait sûrement y faire un tour aussi !
    Ca doit être intéressant de voir l’évolution des langages, on voit plus souvent l’évolution des machines, et voir le nom des inventeurs, pour savoir qui maudire ou bénir suivant les languages ^^
    Par contre, le coup de l’ordi spécial recettes, comme toi, je ne vois même pas comment ils ont pu penser que quelqu’un arriverait à s’en servir, c’est n’importe quoi ^^

    • Oui là c’est vraiment l’evolution de tout, machines, langages, stockage, graphisme, peripherique, internet… C’est surtout intéressant et fun!
      Ben quoi elle te plait pas ma machine à recettes?

  2. Il a l’air super cool ce musée ! J’aime bien le look de l’ordinateur à recettes 🙂
    Pour, le fortran, ça doit être un truc d’école, nous aussi on en a fait, même si je ne l’ai jamais utilisé. Et pour le binaire, c’est comme ça que j’ai appris à compter sur mes doigts quand j’étais petite 😀 (famille de geeks ?? Peut-être, mais au moins, avec 10 doigts, je comptais jusqu’à 1023 ! ^^)
    Sinon, je trouve toujours impressionnant la vitesse à laquelle la micro-informatique a progressé. Chez mes grand-parents, il y a quelques vestiges du matériel des années 70, et déjà, ça me fascinait de me dire qu’en 40 ans, on était passé de ça à mon petit portable actuel (beaucoup plus puissant accessoirement…). Mais alors si tu mets une carte micro-sd à côte de cette espèce de bobine géante/ disque dur, c’est complètement fou !
    Bref, j’ai hâte de découvrir la partie 2 ! 🙂

  3. Je suis sûr que ça plairait à mon american geek ça ( et à mon grand désespoir, va falloir que je l’accompagne :-p )

    • Désolé 😀 (la 2eme partie est plus fun que la premiere, pour les moins geeks aussi)

  4. Lucie

    On y est allé faire un tour nous aussi mais en accéléré 🙁 il faudra y retourner…
    Julien avait le robot avec la tête jaune (le deuxième en haut en partant de la gauche) et il fonctionne encore, geek dès tout petit…

    • C’est toujours drole de voir les objets que l’on a utilisé dans un musée 😀

  5. Christine

    Souvenirs, souvenirs… Je me souviens des cours de Fortran du père de Nico! Et je le revois avec ses tas de cartes perforées (une par symbole) attachées ensemble avec un élastique. Attention ! Ne pas faire tomber les cartes ou vous allez passer des heures à les remettre en ordre! Et puis si l’ordinateur trouvait une erreur, il était bon pour revoir TOUTES les cartes une à une pour trouver la virgule ou le point qui avait été oublié … Je crois que ça aurait été plus rapide de faire le calcul avec la Pascaline!

    • Ahahah la joie des débuts de l’informatique! Trier les cartes c’est un peu comme trouver la diode qui a claquée dans un « pc » avec 18000 diodes 😀

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